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Originaire de Moulins dans l’Allier, je suis monté à Paris pour étudier le cinéma en 2018. Depuis, je travaille comme chef opérateur et assistant caméra sur des documentaires, des publicités et des clips musicaux.

J’ai commencé la photo en 2016 avec le vieil Olympus argentique de mon père, celui qu’il emportait toujours en vacances avec nous. Avant de faire mes propres images, j’ai donc d’abord regardé les siennes. Je me demandais ce qui l’intéressait et ce qu’il voulait garder de ces moments, surtout de nos étés. Quand l’appareil est passé entre mes mains, j’ai commencé tout naturellement par ce qui était près de moi : mon intérieur, mes amis, ma maison, mes animaux, ma famille. Puis je suis allé plus loin, vers la rue, les voyages, et vers des histoires et des liens plus éloignés.

Depuis quelques années, mon travail personnel tourne autour de ma famille et, plus particulièrement, de mes origines. Mes deux grands-mères sont issues de l’immigration. Du côté de ma mère, mon arrière-grand-mère faisait partie des Chân Đăng, ces travailleurs vietnamiens envoyés en Nouvelle-Calédonie au début du XXe siècle. Elle y a eu seize enfants, dont ma grand-mère, qui vit toujours là-bas. Fin 2024, j’y suis retourné pour la première fois depuis dix ans. De ce voyage est née la série « L’île la plus proche du paradis », exposée au laboratoire photographique « Sunbath ».

J’y mêle mes souvenirs d’enfance, les archives de ma famille et des clichés d’une île aujourd’hui traversée par de fortes tensions politiques. J’y confronte ainsi le territoire de mes souvenirs à celui que je retrouve aujourd’hui.

En janvier 2026, « L’île la plus proche du paradis » a fait partie des coups de cœur du magazine Fisheye.

Avec « Toujours en été », je me tourne cette fois vers ma famille paternelle, et reviens à ces étés qui ont accompagné mes premières images. Des étés qui semblent revenir d’une année sur l’autre, alors que les liens, eux, se font, se défont et se transforment.


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